Éducation et Protection : Travailleurs Domestiques

Campagnes régionales

Éducation et Protection :
Travailleurs Domestiques

À propos

Plusieurs millions d’enfants et de jeunes en Afrique sont impliqués dans le travail domestique, une profession qui expose beaucoup d’entre eux à des conditions proches de l’esclavage, à de multiples formes de violence psychologique, physique ou sexuelle et à l’absence d’éducation.

Les travailleurs domestiques enfants et adultes restent largement «invisibles», négligés par la société, par les législations nationales et les programmes gouvernementaux, malgré une attention croissante portée ces dernières années à cette thématique par l’Organisation internationale du travail (OIT). Cette organisation considère le travail domestique comme une des pires formes de travail des enfants.

Depuis 2010, le réseau IDAY milite pour la protection, la reconnaissance légale et la formation des travailleurs domestiques enfants et adultes en Afrique de l’Est et en RDC. S’appuyant sur l’expertise de longue date des organisations locales sur cette question, IDAY et ses partenaires sont convaincus que la reconnaissance légale du travail domestique et l’offre de possibilités éducatives sont primordiales pour mettre fin à l’emploi d’enfants comme travailleurs domestiques et promouvoir les droits des travailleurs domestiques adultes.

Pays concernés:
En cours : RDC, Kenya,
Rwanda, Ouganda
À venir : Afrique de l’Ouest
Tanzanie et Zambie

Phase 1 : Campagnes de plaidoyer et sensibilisation en Afrique de l’Est et en RDC – 2014-2016

Les membres d’IDAY de l’Afrique de l’Est et de la République Démocratique du Congo (RDC) ont décidé d’engager un programme régional d’intégration des travailleurs domestiques dans le système d’éducation pour tous. Les problèmes concernant les conditions de vie et de travail des travailleurs domestiques africains restent nombreux : des salaires bas ou inexistants, de longues heures de travail, peu ou pas de vacances, de la violence sous diverses formes, un emploi précaire, pas de contrats écrits, etc.
Grâce aux fonds de l’Union Européenne, IDAY a lancé des enquêtes nationales dans 5 pays : Rwanda, Ouganda, Kenya, RDC et Burundi avec 14 partenaires pour collecter des données qualitatives et quantitatives auprès de 22 000 personnes concernées : travailleurs domestiques adultes et enfants ainsi que leurs employeurs.
Ces données étaient indispensables pour développer les 4 grands axes de notre campagne :

  1. 1. Des campagnes de plaidoyer pour la reconnaissance et la légalisation de statut de travailleur domestique ainsi que pour la ratification de la convention 189 de l’OIT ;
  2. 2. Des campagnes de sensibilisation pour informer la population sur les conditions de vie des travailleurs domestiques ;
  3. 3. Des programmes de formations adaptés aux travailleurs domestiques en âge de travailler ;
  4. 4. Des campagnes et actions de protection légale des enfants et des jeunes travailleurs domestiques, souvent victimes d’abus.
Chiffres clés de l’enquête

On estime à 8,5 millions les travailleurs domestiques dans ces pays.
1 travailleur domestique sur 3 est en dessous de l’âge légal du travail !
5 enquêtes nationales menées et près de 22 000 travailleurs domestiques et employeurs questionnés.

Quelques résultats obtenus suite aux campagnes
  1. 1 Adoption d’un salaire minimum (99 USD) pour les travailleurs domestiques au Kenya ;
  2. 2 Révision de la loi du travail au Kenya avec une référence explicite au travail domestique. La loi se réfère à la convention 182 de l’OIT sur les pires formes de travail des enfants ;
  3. 3 Création d’un syndicat des travailleurs domestiques au Rwanda (septembre 2016) ;
  4. 4 Le Rwanda a officiellement interdit le travail des enfants par décret ministériel du 10 mai 2016. Ce décret mentionne explicitement les enfants travailleurs domestiques ;
  5. 5 Les autorités provinciales de l’Est de la RDC ont chargé les autorités locales de superviser le cas des enfants en situation de travail domestique et d’organiser leur scolarité ;
  6. 6 Processus de ratification de la convention 189 de l’OIT relative aux conditions décentes de travail des travailleurs domestique entamé au Kenya, Ouganda, Burundi et Rwanda ;
  7. 7 Le centre de formation pour les jeunes travailleurs domestiques à Uvira (Sud Kivu) est autofinancé depuis septembre 2015 ;
  8. 8 Création au Kivu d’un Comité de Surveillance qui permet aux domestiques et employeurs s’estimant lésés d’obtenir un avis indépendant et soutien dans leurs revendications.

L’ensemble des résultats est disponible dans le rapport ci-dessous.

Évaluation et audit

Le programme a été un succès confirmé par l’évaluation indépendante par un consultant externe, M. Sadiki Byombuka Onésime et un audit mené pour le compte de la Commission Européenne par KPMG.

L’évaluation indique : Le projet a permis de mettre en évidence les problèmes spécifiques qui se posent en ce qui concerne les enfants et les jeunes travailleurs domestiques. Il a le mérite d’intensifier la compréhension de l’importance de les protéger et de prendre soin de leur destin. Il a contribué à sensibiliser davantage les travailleurs domestiques, leurs employeurs, les familles et la communauté ainsi que les autorités locales à une meilleure protection sociale et juridique. En termes d’impact, ce projet a commencé à produire des changements remarquables.
L’évaluateur recommande fortement de poursuivre une nouvelle phase basée sur les résultats acquis du projet, et d’intégrer spécifiquement des services directs spécifiques au moyen de la formation des travailleurs domestiques.

L’audit indépendant mené par KPMG, désigné par l’Union Européenne, a démontré que 99,77% des dépenses totales ont été correctement rapportées dans les comptes du projet des 6 bureaux locaux qui ont mis en œuvre le projet.

Vidéo

L’ensemble des résultats de cette campagne est disponible sur le site dédié http://invisibleworkers.eu/

En attente de financements – Phase 2 : Formation et Protection des travailleurs domestiques

L’étape suivante est de réintégrer les jeunes travailleurs domestiques, sous l’âge légal du travail, dans le système scolaire et de fournir une formation professionnelle pour les adultes. Le programme de formation professionnelle sera basé sur un curriculum validé par le gouvernement.
IDAY dispose déjà d’une forte expérience dans la formation de travailleurs domestiques ; (i) un curriculum mis à l’épreuve au Burundi, (ii) des centres de formation fonctionnels et pour certains autofinancés après 3 ans au Rwanda (Kigali), au Burundi (Bujumbura) et en RDC (Bokolisi et Uvira) et (iii) un modèle adapté aux conditions locales, qui permet aux jeunes de garder leur emploi pendant la formation (il est impossible pour un jeune africain démuni de ne pas travailler plusieurs semaines d’affilée !).
IDAY recherche actuellement des fonds pour débuter la Phase 2 de ce programme au Kenya, Rwanda et Ouganda, RDC et Burundi avec des partenaires intéressés.

En attente de financements – Programme en Afrique de l’Ouest

Le programme en Afrique de l’Ouest tel que proposé par nos membres vise la formation et l’inclusion sociale des travailleurs domestiques, en particulier des filles et enfants venant de la rue. Le type d’activités peut varier d’un pays à l’autre selon le statut des travailleurs domestiques. Elles couvriront 3 grands axes d’analyse destinés à préparer la création des centres de formation professionnelle en collaboration étroite avec les autorités gouvernementales.

1. Enquêtes nationales

Les enquêtes portent sur le nombre et le profil socio-économique des travailleurs domestiques (âge, origine géographique et sociale, niveau d’alphabétisation, etc.) et celui des employeurs ainsi que sur les attentes des travailleurs et des employeurs en termes de formation et de compétences. Elles sont menées avec de multiples partenaires, y compris le gouvernement et les autorités locales, l’Institut national des statistiques et les organisations locales de la société civile.
Ces enquêtes serviront de base pour le développement des formations professionnelles tant en définissant les besoins des travailleurs et des employeurs qu’en étant un levier pour impliquer les autorités dans le processus de développement et de reconnaissance du curriculum de formation.

2. Développement d’un Curriculum national et Formation

L’expérience montre que les travailleurs domestiques formés bénéficient de meilleures conditions de travail et que leurs relations avec leurs employeurs s’améliorent. Ainsi, IDAY promeut des programmes de formation adaptés aux travailleurs domestiques en âge de travailler.
La première étape pour intensifier l’approche est la création de programmes nationaux “d’arts ménagers” comprenant l’alphabétisation, l’algèbre, les langues, l’hygiène et la propreté, la garde d’enfants, la cuisine, la politesse, l’accueil, les premiers soins, la citoyenneté et les droits et obligations démocratiques participatifs.
Cette étape est nécessaire pour assurer la reconnaissance par le gouvernement du certificat de travailleur à la fin du programme de formation officiel. Le programme est conçu pour s’adapter au temps libre limité des travailleurs afin qu’ils puissent garder leur emploi pendant la formation. Les programmes seront élaborés avec le Ministère de l’Éducation des pays participants.

3. Campagnes de plaidoyer et de sensibilisation

Une des premières étape est d’évaluer le cadre juridique et politique concernant le travail domestique dans le pays. L’analyse portera sur trois domaines sur lesquels des actions de plaidoyer sont prévues:
i) Intégration des enfants domestiques dans les politiques contre le travail des enfants et dans les mécanismes d’orientation des enfants ;
ii) Reconnaissance du travail domestique en tant que profession à part entière ;
iii) Possibilités de formation pour les travailleurs domestiques.
Les résultats de ces évaluations complètent les résultats de l’enquête pour éclairer des recommandations pratiques et spécifiques et donnent des repères pour les changements juridiques et politiques.

À un stade ultérieur et sur la base de ces études, la stratégie de plaidoyer et de sensibilisation des autorités et du grand public sera décidée et comprendra : des campagnes médiatiques, la production de matériel de communication, des vidéos, des pièces de théâtre, des activités communautaires, des réunions de haut niveau, des séminaires nationaux et régionaux etc.